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« Whoosh » est présenté comme un morceau très représentatif de votre nouvel album Out Loud. Qu’est-ce qu’il raconte de l’identité actuelle de SUCK DA HEAD ?
Suck Da Head, c’est du chant, des cuivres et des percussions, dans un style inspiré par les brass bands de la Nouvelle Orléans et par toutes les musiques actuelles que nous connaissons.
Whoosh nous a semblé une belle synthèse de tout ça, avec une version Radio Edit que nous avons choisi d'axer sur le format chanson, en mettant en valeur le chant dans cette énergie de brass band.
Votre musique s’inspire fortement de l’univers des brass bands de La Nouvelle-Orléans tout en gardant une vraie identité moderne. Comment réussissez-vous à faire cohabiter tradition et modernité ?
Cette cohabitation existe déjà bel et bien à la Nouvelle Orléans. C’est une musique en constante évolution qui depuis des décennies fait cohabiter la tradition et la modernité, de la musique populaire de différentes époques finalement. Il faut savoir que c'est une musique qui a toujours été à la modernité de son époque, avec des codes ancrés mais qui peuvent évoluer avec le temps. Rien ne se crée, tout se transforme !
En ce qui nous concerne, Suck Da Head a des inspirations différentes selon chaque musicien du groupe, ce qui donne un ton à nos compositions. Même si nous nous sommes bien inspirés de la nouvelle Orléans pour la musique que nous jouons, notre vie fait cohabiter le style NOLA, ancien et moderne, qu'on apprécie, avec la musique qui nous a fait grandir ou vers laquelle nous souhaitons aller, donc, naturellement, il y a cette cohabitation entre "tradition" et "modernité", à notre manière.
Vous avez commencé en reprenant des morceaux emblématiques de la scène de La Nouvelle-Orléans avant de développer vos propres compositions. À quel moment avez-vous senti que le groupe avait trouvé son propre son ?
Assez tôt, le groupe est né en 2017 et dès 2019 les premières compositions apportent un vent de fraîcheur au répertoire, le fait que la moitié du groupe compose est aussi un facteur évident d’éclectisme. Le son actuel de Suck Da head est quant à lui véritablement né lors du voyage à la nouvelle-orléans, la rencontre avec les brass bands locaux a agi comme une révélation.
Votre voyage à La Nouvelle-Orléans en 2023 semble avoir marqué une étape importante dans votre parcours. Qu’est-ce que cette immersion vous a apporté artistiquement et humainement ?
Le voyage à la nouvelle-orléans est un tournant dans l’évolution du groupe, nous avons eu la chance de partir là-bas en groupe (à 14 musiciens à l’époque) et ce fût pour beaucoup d’entre nous la plus grande expérience musicale de notre vie.
Nous avons cotoyé des lieux mythiques et surtout rencontré des musiciens locaux issus de brass band que nous écoutons depuis plusieurs années (rebirth BB, Dirty Dozen BB, TBC BB, the Nightcrawlers)
Notre regard sur l’aspect social de cette culture a changé et nous avons pu participer à une "second line" du dimanche après-midi et nous rendre compte à quel point ces rendez-vous hebdomadaires sont populaires.
« Whoosh » dégage une énergie très intense et presque physique. Comment est née la composition
du morceau ?
Whoosh a été écrit quelques temps après notre retour de la Nouvelle Orléans. Bien inspiré par ce que nous avions vécu, Whoosh est né. C’est une vague de son en plein tympan, une mélodie qui reste en tête avec une énergie ni joyeuse ni triste, elle est là et libre d'interprétation. C’est quelque chose qui reste, qui frétille à l'oreille.
Pour une explication plus cartésienne, une petite anecdote : "Whoosh" a failli s'appeler "Tinnitus", nom scientifique d’un phénomène que tout le monde connait après une soirée avec beaucoup de son : les acouphènes.
Le clip de « Whoosh » possède une esthétique très forte et immersive. Quelle était votre vision
derrière cette réalisation ?
Pour la réalisation de ce clip nous avons une fois de plus fait appel au réalisateur Louis Faury avec qui nous aimons travailler. Il avait assisté au studio. Échangé avec Côme et Cilly Coco sur la pochette. On a juste évoqué une envie de couleurs. Sinon on lui a laissé totalement carte blanche. Louis s’est inspiré de ce que la musique lui évoquait. Très vite il lui est venue l’envie de mettre de la rotoscopie pour donner cette touche particulière. Nous on lui a fait confiance et on est très content du résultat.
Vous êtes un groupe pensé autant pour la rue que pour la scène. Quelle différence ressentez-vous dans votre rapport au public entre ces deux formats ?
La rue est l’essence même de cette musique, c’est là qu’elle est née et c’est là que le public la savoure le mieux 😉
Nous avons tout de même souhaité transposer cette musique sur scène pour plusieurs raisons, le chant d’abord, autant le chant lead que choral, la sonorisation met bien mieux en valeur le chant que le mégaphone 😉
Et puis le show bien sûr, la sonorisation et les lumières apportent une dimension supplémentaire au spectacle qui ne laisse pas indifférent.
Avec dix musiciens dans le groupe, comment fonctionne la création chez SUCK DA HEAD ? Est-ce un travail très collectif ?
Quelques membres du groupe sont compositeurs (5 ou 6 je dirais). Généralement ils ramènent une ébauche, voir un morceau quasi fini et après on met en commun. Le collectif réarrange ensemble.
Votre univers mélange funk, jazz, groove, fanfare et parfois une énergie presque rock ou punk. Quelles sont aujourd’hui vos principales influences musicales ?
Alors les influences sont variées et multiples. Pour ce qui est des influences Nola on peut facilement citer le TBC/Rebirth Brass band/ Sporty’s BB ou même encore les New wave Brass band.
Après pour les influences plus larges chaques personnes a des goûts différents mais on va fréquemment se retrouver sur du Ezra collective/Bad Bunny/Anderson Paak/Ca7riel et Paco Amoroso
À travers « Whoosh » et l’album Out Loud, on ressent une volonté de créer du lien et de faire vibrer le public ensemble. Quel rôle la musique doit-elle encore jouer selon vous aujourd’hui ?
La musique doit rassembler, créer des capsules temporelles, faire ressentir des émotions et connecter les gens ! Son rôle le plus essentiel est de générer le mouvement, la danse !
