Un smartphone pliable est un appareil dont l’écran flexible peut se replier sur lui-même, selon un axe horizontal (format clapet, dit « flip ») ou vertical (format livre, dit « book » ou « fold »). Cette technologie repose sur des dalles OLED souples et une charnière mécanique capable de supporter des dizaines de milliers de cycles d’ouverture et de fermeture. Depuis les premiers modèles grand public lancés par Samsung en 2019, les pliables gagnent du terrain, avec une accélération nette ces deux dernières années.
Format livre contre format clapet : la bascule en cours sur le marché des pliables
Deux grandes familles de smartphones pliables coexistent. Le format clapet (flip) reprend le principe du téléphone à clapet : l’appareil se replie pour devenir plus compact. Le format livre (fold) s’ouvre pour offrir une surface d’affichage proche de celle d’une tablette.
Les analyses récentes montrent une tendance claire. Les pliables format livre représentent environ deux tiers des expéditions mondiales, contre un peu plus de la moitié un an plus tôt. Ce basculement s’explique par les usages que ce format autorise : multifenêtrage, prise de notes au stylet, visionnage vidéo sur un grand écran.
Le format flip conserve un public fidèle, séduit par la compacité et un prix généralement inférieur. Motorola a d’ailleurs construit une part significative du marché américain autour de ce format, avec des modèles positionnés à des tarifs plus accessibles que les Galaxy Fold de Samsung.

Croissance des smartphones pliables dans un marché global en recul
Le marché mondial du smartphone classique traverse une phase de contraction. IDC anticipe une baisse d’environ 13,9 % des expéditions de smartphones traditionnels en 2026. Dans ce contexte, le segment pliable progresse à deux chiffres sur la même période, ce qui en fait une exception notable. Cette dynamique attire de nouveaux acteurs et pousse les constructeurs déjà présents à élargir leur gamme.
Les constructeurs qui structurent l’offre pliable
Samsung reste le leader avec ses gammes Galaxy Fold et Galaxy Flip. En 2025, la marque détenait environ 40 % du marché mondial des pliables. Les précommandes de ses derniers modèles ont affiché une hausse significative par rapport à l’année précédente.
Du côté chinois, Huawei, Honor et Xiaomi ont chacun lancé des modèles book-style orientés productivité. Google a introduit le Pixel Fold, tandis que Motorola mise sur le segment flip avec des prix agressifs.
- Samsung : gammes Galaxy Fold et Galaxy Flip, positionnement premium et entrée de gamme pliable
- Huawei et Honor : modèles book-style avec écrans larges, présence forte en Asie
- Motorola : format clapet à prix contenu, stratégie de volume aux États-Unis
- Google : Pixel Fold orienté intégration logicielle Android native
L’arrivée d’Apple sur le marché des téléphones pliables
L’annonce d’un iPhone pliable, attendu dès septembre selon plusieurs analystes, redistribue les cartes. Cette perspective repose sur la base installée massive d’utilisateurs iOS et sur la capacité historique d’Apple à transformer un marché de niche en segment grand public.
Samsung a d’ailleurs anticipé cette menace. L’intensification du rythme de lancement de ses modèles Fold et Flip, ainsi que la hausse des précommandes, suggèrent une volonté de verrouiller la clientèle existante avant l’arrivée du concurrent californien.
Ce que l’entrée d’Apple change pour le prix des pliables
L’un des freins majeurs à l’adoption reste le prix. Les smartphones pliables haut de gamme se situent dans une fourchette nettement supérieure à celle des modèles classiques. La perte de valeur à la revente aggrave le problème : les pliables décotent sensiblement plus vite que les smartphones classiques.
L’arrivée d’Apple et la multiplication des modèles d’entrée de gamme (notamment chez Motorola) devraient exercer une pression à la baisse sur les tarifs. Des facilités de financement rendent aussi ces appareils progressivement accessibles en dehors du segment luxe.

Écran pliable et durabilité : les contraintes techniques qui persistent
La technologie d’écran flexible a progressé, mais elle impose encore des compromis. La marque du pli au centre de l’écran reste visible sur la plupart des modèles, même si elle s’atténue au fil des générations. Les dalles OLED souples utilisent un verre ultra-fin (UTG) ou un film polymère, deux matériaux plus fragiles qu’un verre classique face aux rayures et aux impacts.
La charnière constitue l’autre point critique. Sa fiabilité s’est améliorée (les constructeurs annoncent des certifications à plusieurs centaines de milliers de pliages), mais elle ajoute de l’épaisseur et du poids. Un smartphone pliable au format livre pèse sensiblement plus qu’un modèle classique de taille équivalente.
- Marque du pli : atténuée mais toujours perceptible, surtout sur fond clair
- Résistance de l’écran : le verre UTG progresse, mais reste en retrait par rapport au verre Gorilla Glass des modèles classiques
- Autonomie : la batterie, scindée en deux cellules de part et d’autre de la charnière, offre généralement une autonomie inférieure à celle d’un smartphone classique de même gamme
- Épaisseur : un pliable fermé reste plus épais qu’un téléphone dalle classique
Le cadre réglementaire évolue aussi. L’Union européenne a renforcé le droit à la réparation avec de nouvelles obligations applicables dès 2026, ce qui pourrait contraindre les fabricants à faciliter le remplacement des écrans pliables et des charnières.
Le segment des smartphones pliables n’a pas encore atteint la maturité d’un marché de masse, mais la trajectoire est nette. La combinaison d’une offre élargie, de prix en baisse et de l’entrée d’Apple place ce format sur une courbe d’adoption bien plus rapide que celle des premières générations. Les compromis techniques restent réels, et c’est leur résolution qui déterminera si le pliable remplace un jour le smartphone dalle classique ou s’il reste un segment parallèle.

